Notre première traversée vers la Corse en voilier

Notre première grande traversée à bord de notre voilier : direction la Corse !

les préparatifs

Ça y est, on revient de notre périple dans les terres et on a qu’une hâte, c’est d’aller en Corse ! On est super stressé. On a regarde la météo mille fois mais celle-ci semble (un peu trop) tranquille. On nous a conseillé d’y aller avec une météo clémente pour la première grande traversée, quitte à faire du moteur.

On a un équipier qui nous accompagne : l’ami Antoine ! C’est rassurant d’être un de plus. Un petit brief avant de prendre la mer : sur Lady M, il y a des règles, et c’est parti !

On se prépare pour cette première grande traversée vers la Corse, à trois sur notre petit voilier de 9 mètres. Les pleins d’eau et de gasoil sont fait, le frigo est rempli, la tablette (qui nous sert de GPS) est chargée, les téléphones aussi, la bateau est bien rangé, la ligne de vie est en place, les harnais et gilets de sécurité sont sortis, les autres éléments de sécurité sont bien accessibles… Un dernier check du bateau et Let’s Go !

13h30 : Départ des îles de Lérins

On choisit une fenêtre météo vraiment tranquille, voire avec la pétole (lorsqu’il n’y a pas de vent du tout). On devrait avoir du vent à l’arrivée. On commence sous voile, au près, puis la thermique nous lâche. Après deux heures à tirer des bords, on se rend compte que l’on n’a pas beaucoup avancé. On continue au moteur. La mer est d’un calme absolu, il n’y a pas une ride.

On est un peu stressé avec Justine et au bout de trois heures, on ne voit plus la côte. De mon côté, j’ai vraiment peur qu’il arrive une panne moteur ou un problème un peu difficile à résoudre. Mais tout à l’air de bien fonctionner, je me détends petit à petit mais je ne suis pas encore très serein. Deux baleines passent à côté de nous, c’est magique !

Ça fait bizarre de ne plus voir les côtes, notre tablette nous indique encore notre position GPS, ouf ! On n’a plus de réseau internet, et on croise très peu de bateaux. On joue de la guitare, on se repose à tour de rôle, on discute, on observe le bleu de l’océan. Au moment du dîner, une petite brise arrive. On coupe le moteur pour mettre les voiles et pour manger sans bruit. Trente minutes plus tard, il n’y a plus de vent. Et au moment de redémarrer le moteur, il se laisse désirer, juste le temps de faire monter la pression, puis se met en route.

20h30 : La nuit tombe

La nuit arrive. Je décide de ne pas dormir pour veiller afin que l’on soit toujours au moins deux sur le pont. Antoine et Justine se relaient et font leur quart. C’est-à-dire que, toutes les trois heures, un va se coucher et l’autre prend son tour pour maintenir la veille. La nuit est vraiment calme, les étoiles sont incroyables et on file sur cette mer d’huile.

Il ne fait pas très chaud mais les nuits sont assez courtes, à cette période de l’année. Le jour ne devrait pas tarder à se lever ! Je reste éveillé et on discute, emmitouflé dans nos manteaux. Notre tablette nous indique notre point sur la carte : nous en sommes à mi-chemin : entre la Corse et le continent.

6h : Le jour se lève

A 5h30, le vent se lève. On est heureux et on en profite pour hisser les voiles. On cape tout droit sur la Corse, toutes voiles dehors durant sept heures. Antoine est en train de dormir, il se réveille, le bateau penche, il n’y a plus de moteur et on avance vite ! On profite de voir Lady M filer ainsi pendant plusieurs heures. Le stress disparait, on voit des nuages au loin au-dessus de la Corse : terre en vue !

Génois tangonné

À 12h30, arrivée imminente à l’île Rousse

Petite frayeur, nous arrivons sous voile dans la baie et une navette à touristes nous cape dessus. Nous sommes à la voile donc prioritaire, et en plus nous sommes sur son tribord. Le temps d’un petit coup d’adrénaline, la navette change de cap et nous passe juste derrière. Petit coup de pression, pas évident de faire confiance aux autres bateaux, en se disant que l’on a la priorité, surtout après la mésaventure que l’on a connue. Il y a encore des traumatismes qui vont mettre du temps à disparaître. On s’amarre à une bouée de l’île Rousse et on débouche une bouteille de « 1000 bulles » donnée par la famille de Justine : félicitations l’équipage. On est heureux et soulagé !

Au mouillage à l’île Rousse, la vie est douce, on voit les amis d’Antoine et on retrouve notre ami Charles qui passe la saison là-bas.

Petite folie, on décide de sortir le rétro-projecteur et de faire un cinéma en plein air en projetant le film sur un taud qui se met à l’arrière du bateau. Tout est parfaitement dimensionné, la soirée s’annonce agréable. C’est dans ces moments là que l’on se dit que c’est vraiment le luxe sur Lady M.

Bienvenu en Corse

Cette première traversée vers la Corse, à bord de notre voilier Lady M, s’est plutôt bien passé. La prochaine, on essaiera de prendre une fenêtre météo avec plus de vent. Mais pour une première s’était le top ! Nous avons maintenant l’été devant nous pour découvrir l’île de beauté, a bord de notre nouveau compagnon de voyage.

Et si vous voulez découvrir toutes nos premières fois sur ce petit voilier, vous pouvez suivre nos aventures sur notre chaîne Youtube, ici.

Ou pour encore plus de détails et d’anecdote, laissez-vous tenter par notre livre “Apprentis navigateurs depuis un an”.

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